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Pfizer
La 3ème édition hebdomadaire du Journal du médecin
13  Août 2008       n°166
 
PET-scan : en finir avec les approximations

La ministre Onkelinx se déclare prête à revoir la programmation actuelle des PET-scans en se basant sur les besoins objectifs de la population, de la nécessaire formation des futurs radiologues et de la recherche médicale dans notre pays. Un groupe d’experts doit élaborer des propositions. Une ouverture vers de nouvelles indications ou une parade pour contenter la Commission européenne?

En Belgique, la programmation limite le nombre de PET-scans à 13 appareils. Cette limitation, imposée par l’ancien ministre de la Santé publique, a fait l’objet d’une plainte au niveau européen. «Qu’en est-il de cette plainte ?», a demandé le député MR Olivier Destrebecq à la ministre Onkelinx en Commission de la santé publique de la Chambre.

«La Commission européenne a terminé son étude sur la programmation des scanners PET. Elle n’a pas contesté qu’une limitation du nombre d’appareils peut être autorisée en vue de préserver l’équilibre financier de notre assurance soins de santé. Par contre, la Commission a réclamé une plus grande objectivité des critères de programmation qui permettent cette limitation. Ils doivent être évolutifs et tenir compte de critères scientifiquement fondés. »

La ministre a d’ailleurs annoncé qu’un groupe d’experts va se réunir prochainement afin d’élaborer les propositions nécessaires afin de définir les critères de programmation et d’évaluer la pertinence des critères actuelles.

Le bureau de la Société belge de médecine nucléaire, n’était pas encore, au moment de mettre sous presse, au courant de la constitution d’un groupe d’experts chargé de cette mission.

Plus fondamentalement, Max Lonneux, porte-parole de l’association, réfute l’analyse de la ministre sur la charge financière de ces appareils sur le budget de l’Etat. Selon Laurette Onkelinx, l’utilisation des PET-scans coûte cher à l’assurance soins de santé. «Il faut donc veiller à ce que les appareils existants soient utilisés à bon escient. Or, une offre excédentaire de PET-scans risque d’engendrer des examens hors indications scientifiquement justifiées dans un but de rentabiliser les investissements. Le KCE a estimé qu’actuellement 33% des examens par PET-scan en Belgique sont réalisés hors indication. » L’analyse de Max Lonneux est tout à fait différente. «La ministre oublie que le PET-scan est structurellement sous-financé, et que l'A3B3 ne couvre que les 1.000 premiers examens. En faire plus équivaut à réduire la marge bénéficiaire, et au final à l'annuler, notamment parce que le traceur FDG est remboursé (175 euros) moins cher que son prix de vente (225 euros).»

Il ajoute qu’il est normal que le KCE estime que 33 % des examens sont réalisées "hors indication" puisque la Belgique a la liste d'indications la plus restrictives au monde! «Beaucoup d'indications "scientifiquement démontrées", comme par exemple la réévaluation des cancers bronchiques après chimiothérapie néoadjuvante ne sont pas dans la liste des indications remboursées. Idem pour l'examen post-traitement des lymphomes, non repris dans la liste mais présent dans les guidelines internationaux!»
Il note que les examens hors liste des indications remboursées entraînent une perte financière plus importante pour le service puisqu'au lieu de percevoir 175 euros pour le FDG, il reçoit 30 euros. En outre, le porte-parole de la Société belge de médecine nucléaire rappelle que ceux qui réalisent les examens ne les prescrivent pas.

Histoire de relativiser le coût de cette technique de pointe, le Pr Lonneux souligne que dans le budget imagerie médicale qui pèse 1 milliard d’euros, les PET-scans ne coûtent que entre 20 et 25 millions d’euros. Et de pointer les différentes études coûts/ bénéfices qui ont prouvé les économies réalisées en utilisant le PET-scan dans le traitement du lymphome, du cancer colorectal, du cancer bronchique,… Des études qui seront certainement présentées au sein du groupe d’experts.

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Vincent Claes
vincent.claes@be.cmpmedica.com

Les soins palliatifs progressent lentement

Selon les Mutualités libres, en 2007, les dépenses belges pour les soins palliatifs se sont élevées à 76,8 millions d’euros. Un petit budget qui a augmenté entre 2003 et 2007.

«Le secteur des soins palliatifs est bien modeste au regard d’autres mastodontes tels les maisons de repos, les honoraires médicaux ou les spécialités pharmaceutiques. Ce qui est à la fois une bonne nouvelle (la Belgique n’est pas un mouroir) et une mauvaise (l’attention aux personnes en fin de vie est un baromètre de civilisation et les budgets y consacrés sont encore trop modestes) », commente le service études des Mutualités Libres. Le secteur des soins palliatifs, qui tire son financement de nombreux pans de l’assurance maladie, a nécessité 76,8 millions d’euros au niveau national en 2007.

L’essentiel des dépenses vont aux soins infirmiers (près de 50 millions), aux équipes multidisciplinaires (10 millions) et aux fameux forfaits « patient palliatif » (9 millions).
Ces dépenses sont depuis 2003 en progression constante (+16,17% en moyenne par an). Les auteurs de cette étude font part de leurs commentaires : « Premièrement (ce n’est guère étonnant), les forfaits de soins palliatifs à domicile concernent davantage les personnes âgées tandis que, concernant l’hospitalisation des patients dans un service palliatif, l’âge moyen des patients est de 73 ans et la durée de séjour moyenne est de 20 jours. Deuxièmement, un patient palliatif sur trois fait une deuxième demande de forfait palliatif avant son trépas. La majorité des autres décèdent avant de pouvoir introduire une seconde demande. En effet, on observe que 63% des patients palliatifs décèdent dans les 60 jours qui suivent leur première demande de forfait. Ce qui étonne davantage est que 10% des patients n’introduisent pas de deuxième demande, pour une raison inconnue. Fatalisme?»

En moyenne, les patients palliatifs bénéficiant de séances de kinés palliatives recourent à 27 séances de kiné pour soulager leurs maux.

Autre constat : si la législation autorise le médecin à facturer une visite à un patient palliatif sous un code spécifique, permettant au patient de ne payer aucun ticket modérateur, les Mutualités Libres constatent que, en pratique, ce n’est fait systématiquement que pour un patient palliatif sur trois qui reçoit la visite d’un médecin généraliste. Pour un autre tiers, ce code de nomenclature n’est utilisé que partiellement. Dans un dernier tiers des cas, les médecins ne facturent que le code standard des visites. Une économie pour l’assurance maladie, mais un surcoût pour le patient.

«Une manière simple de résoudre le problème serait de permettre aux médecins d’attester sous le même code une visite à un patient, palliatif ou non. La mutualité calculerait elle-même le montant à rembourser au patient sur base des informations sur le statut du patient dont elle dispose, proposent les MLOZ. Ceci s’inscrit d’ailleurs dans une réflexion plus large sur la simplification administrative qui se discute en ce moment à la médico-mut : moins de codes différents pour les médecins, charge à la mutualité de distinguer l’acte et le remboursement adéquats. » Une proposition à suivre en Commission médico-mutualiste.


Vincent Claes
vincent.claes@be.cmpmedica.com

Courir pour arrêter le temps

Selon des chercheurs américains, courir régulièrement ralentit les effets de l'âge.

On sait que l'activité physique est associée à la préservation de la santé dans toutes les catégories d'âges, mais qu'en est-il de son effet dans le temps? Une équipe américaine a réalisé une étude au long cours (20 ans) chez des adultes adeptes de la course à pied.

Eliza Chakravarty et al (Stanford University, Californie) ont soumis des questionnaires annuels à 538 membres d'un club de footing et à 423 sujets contrôles en Californie. Ils étaient tous âgés de 50 ans ou plus au début de l'étude en 1984. Les données récoltées concernaient la pratique de la course à pied et la fréquence des exercices physiques, le BMI et les invalidités physiques (capacité quotidienne à marcher, s'habiller, se laver, se lever d'un fauteuil, prendre des objets…), jusqu'en 2005. Au total, 284 coureurs et 156 contrôles ont rempli tous les questionnaires. Au début, les actifs couraient en moyenne 4 heures par semaine, après les 21 années, ce temps avait diminué jusqu'à environ 76 minutes/sem. Les résultats, parus dans les Archives of Internal Medicine (2008;168(15):1638-46), montrent qu'en 1984, les coureurs étaient plus jeunes, plus sveltes et moins enclins à fumer que les contrôles. Ces derniers avaient aussi plus d'invalidités que les sportifs, et ceci à toutes les époques du suivi. Ces handicaps ont augmenté avec l'âge dans les deux groupes, mais dans une moindre mesure pour les plus actifs qui en ont souffert environ 16 années plus tard. Par ailleurs, on n'a pas observé de taux plus élevés d'ostéoarthrite ni de prothèse du genou dans le groupe des coureurs.

Après 19 années de suivi, 15% des coureurs étaient décédés contre 34% des contrôles. Les invalidités et la courbe de survie ont continué à diverger entre les deux groupes après les 21 années de suivi, quand les participants approchaient de leur nonantième année de vie. Pour les auteurs, l'exercice physique vigoureux (la course) chez les personnes d'âge moyen et mûr est associé à une diminution de invalidités pendant la vieillesse et à une meilleure qualité de vie après 90 ans. Par conséquent, comment conserver la santé quand on vieillit? En faisant des exercices physiques en aérobie. Pour l'un des auteurs, James Fries, ceci illustre parfaitement la théorie de la compression de morbidité: la pratique de l'exercice physique régulier prolonge les années de vie sans invalidité et donc de haute qualité: "Continuer une pratique sportive n'allongera pas nécessairement l'espérance de vie, mais cela limitera la période de fin de vie où l'on n'est plus capable de faire les tâches quotidiennes par soi-même". Des résultats qui sont aussi à mettre en relation avec de meilleures habitudes de vie chez les sportifs en général.

En d'autres mots, les vieux coureurs sont en meilleure forme, ont une plus grande espérance de vie "active" et courent deux fois moins de risque de mourir précocement que les vieux sédentaires… Qu'il s'agisse d'affections cardiovasculaires, oncologiques, neurologiques, infectieuses ou autres. De quoi faire rechausser ses baskets!


Martine Versonne
martine.versonne@be.cmpmedica.com                                                                   

Radon : une cartographie fin 2008

À exposition égale au radon, le risque d’avoir un cancer du poumon est vingt-cinq fois plus élevé pour un fumeur que pour un non-fumeur. Le gouvernement wallon a fait de la lutte contre le radon une de ses priorités en matière de santé environnementale.

Le radon est un gaz d’origine naturelle qui émane du sous-sol. Il n’a pas d’odeur, il est incolore et insipide. Il a aussi la particularité d’être radioactif ! On le sait, le Sud de la Belgique est plus exposé que le Nord, et c’est avant tout dans la région de l’Ardenne que l’on enregistre les valeurs les plus élevées. Dans le cadre de la prime à la réhabilitation de la Région wallonne, une aide financière est déjà accordée pour les travaux d’assainissement du radon. Le radon est un cancérogène et, de ce fait, il augmente les risques de développer un cancer du poumon. Le radon est une des priorités retenues par le Gouvernement en juin 2005, dans le cadre de l’élaboration de sa stratégie régionale en matière de santé environnementale. «Depuis début 2006, une étude sur les concentrations de ce gaz est menée de concert par le Service d’Analyse des Milieux Intérieurs (SAMI) de la Province de Luxembourg et l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN). Les résultats sur cinq communes (Bertrix, Libramont, Neufchâteau, Paliseul, Saint-Hubert) ont montré des taux élevés qui concerneraient dix mille habitants subissant plus de 400 Becquerel/m3, et plus de mille habitants pour lesquels la concentration serait supérieure à 800 Bq/M3) », note le député Dimitri Fourny qui précise qu’une « cartographie détaillée est annoncée pour fin 2008. »

Après les 8 communes qui ont participé à la campagne en 2006 (Bertrix, Daverdisse, La Roche, Léglise, Libramont, Neufchâteau, Paliseul et Saint-Hubert), douze communes ont pris part à celle de 2007 (Bastogne, Fauvillers, Herbeumont, Vielsalm, Bertogne, Gouvy, Martelange, Vaux-sur-Sûre, Bouillon, Houffalize, Tellin et Wellin). «La cartographie est, quant à elle, réalisée par l’AFCN (qui relève des compétences du Ministre de l’Intérieur) et est toujours en cours », précise le ministre wallon de la Santé Didier Donfut. Ce dernier ajoute que les études de santé en relation avec l’exposition au radon relèvent de la compétence de l'AFCN. «En ce qui concerne l’impact du radon sur la santé, le risque du cancer du poumon augmente avec le nombre d’atomes de radon présents dans l’air d’un espace clos et avec la durée pendant laquelle on respire cet air. Il existe un effet de synergie tabac-radon. À exposition égale, le risque d’avoir un cancer du poumon est vingt-cinq fois plus élevé pour un fumeur que pour un non-fumeur. Il est admis que 10% des cancers pulmonaires seraient liés au radon », conclut le ministre.


Vincent Lievin

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